Mercredi 22 février 2012
3
22
/02
/Fév
/2012
10:14
Il est des jours où l'on n'a pas envie de s'étendre, pas envie de parler pas envie d'expliquer. Il est des jours
bleus des jours gris. Il est des jours c'est tout.
Le Corps en Jeu naît en 2001. Le Corps en Jeu s'éteint en 2011. En 2012 ce qu'il reste du Corps en Jeu se
dissout.
Le Corps en Jeu aura fait son temps. Cap au vent. Entre courant chauds et courant froids, entre plusieurs mêlées il
se sera démené. On ne peut nommer ici tout ce qui aura été malaxé pendant ces 10 années.
Juste ceci : entre ateliers et spectacles, Le Corps en Jeu s'est épanoui. Toutes les personnes passées par là ou
ayant approchées de près ou de loin les projets pourraient en témoigner.
"parce qu'il y a un début et une fin" je répondais aux enfants qui me demandaient "pourquoi c'est fini ?" quand la
fleur ou la plume venaient clôturer l'atelier. "On se voit la semaine prochaine" aussi je leur disais. Alors ils répondaient "à demain" et on quittait la pièce.
Les spectacles terminés, c'est dans un grand silence que nous nous regardions ces petit-e-s spectateurs-trices et
nous actrices. Après les applaudissements, c'est dans un souffle susupendu que nous écoutions se dissoudre ce que nous avions vécu des deux côtés de la scène.
À demain je vous dirais, aussi, je vous applaudirais
C'est une aventure du sensible que nous avons transmise
Et pour cela, merci !
Sans n(v)ous cela n'aurait pas été possible
Ces yeux ouverts ou fermés, ces bouches qui disent ou se taisent, ces oreilles qui écoutent, ces bras qui se
tendent, ces mains qui tapotent, ces jambes qui gigotent, ces pieds qui glissent, ces bassins qui s'élancent, ces bustes qui chutent, ces têtes qui s'élèvent, ces joues qui rougissent, ces
cheveux qui s'ébouriffent, ces corps qui dansent se déposent, ces poumons qui montent et descendent, ces coeurs irrigués, ces muscles qui s'épaississent, ces os qui se forgent, ces peaux qui se
tannent, ces timidités, ces fougues, ces élans, ces suspensions, ces non, ces oui, ces encore.
Ensemble nous avons étiré nos espaces et bousculé nos perceptions. Nous n'avons eu de cesse de chercher, explorer,
comprendre, articuler et ajuster. Le mouvement ne nous a jamais quitté, même si peu perceptible.
Je pourrais vous refaire le film à l'envers à l'endroit.
Il est temps maintenant,
Un autre jour se détache à l'horizon.